Suivez la couverture complète
Bob Marley : One Love, au cinéma le 14 février
L’icône du reggae ressuscité ? L’acteur britannique Kingsley Ben-Adir relève le défi dans Bob Marley : One Love. Un biopic qui explore la vie intime du chanteur, la dimension spirituelle de son œuvre et ses combats politiques, symbolisés par la tentative de meurtre dont il a été victime avant un exil londonien qui a paradoxalement fait décoller sa carrière dans le monde entier. De passage par Paris, le comédien qu'on a découvert dans la série Peaky Blinders a raconté cette incroyable aventure à TF1info.
Le réalisateur Reinaldo Marcus Green dit qu’il a cherché le bon acteur pendant plus d’un an. Savez-vous pourquoi il vous a choisi ?
Bob Marley, c’est probablement l’un des personnages les plus difficiles à attribuer. Parce qu’il n’y a personne comme lui. Pourquoi il m’a choisi ? Je ne sais pas vraiment. Mais lorsque je suis venu auditionner, j’avais le sentiment que nous devions retrouver un peu de l’esprit de Bob. Mais pas chercher à l’imiter. Parce qu’il y a quelque chose de profondément spirituel quand il chante et quand il danse. Alors j’ai tout appris sur lui. Avec sa famille, ses amis, pour comprendre son histoire personnelle.
Je n’ai jamais eu l’impression que j’avais saisi le truc d’un coupKingsley Ben-Adir
Saviez-vous chanter et jouer de la musique avant de vous lancer dans cet incroyable projet ?
Non ! Je me suis réveillé un matin, j’ai pris une guitare, je suis allé sur Youtube et j’ai commencé à apprendre. Pareil avec sa façon de parler et de danser. Il faut juste se mettre au boulot. Avec l’aide de pas mal de coachs quand même ! Nous avions par exemple une grosse équipe rien que pour la langue jamaïcaine. Je crois huit ou neuf personnes. Parce qu’il ne s’agissait pas juste d’apprendre un dialecte. Pour trouver la voix de Bob, il fallait comprendre sa langue. Et pour comprendre sa langue, il fallait comprendre sa culture. Et pour comprendre sa culture, il fallait passer du temps avec les gens. C’était un processus assez unique.
Est-ce qu’il vous est arrivé de douter ? D’avoir envie de tout plaquer ?
Mais oui, tous les jours ! Je n’ai jamais eu l’impression que j’avais saisi le truc d’un coup. J’y suis allé un jour après l’autre, à essayer d’attraper un peu de l’esprit de Bob. Sur chaque scène. Si je ne trouvais pas, on arrêtait tout. On écoutait la voix de Bob. Et on reprenait. Son fils Ziggy était là, son ami Neville Garrick (célèbre directeur artistique de Marley – ndlr) aussi. Tout le monde avait envie d’honorer sa mémoire pour que les fans et le public au sens large puisse faire l’expérience d’un aspect plus intime de sa vie. Pour leur permettre de comprendre ses combats, le fait que c’était un être humain et d’abord un enfant du ghetto.
Lire aussi
"Bob Marley : One Love" au cinéma : Rita, la femme puissante derrière la légende du reggae
Comment expliquez-vous qu’on l’aime toujours autant, 40 ans après sa mort ?
Je crois que c’est à cause des vibrations profondes et de la beauté de sa musique. Je pense qu’elle contenait de manière presque inconsciente un désir de réunir les gens. Ça ne passe pas juste par les mots mais par la construction des chansons. Il existe une dimension de la musique que je ne connais parce que ce n’est pas mon métier. Même si je peux essayer d’apprendre. Je crois que Bob était très précis quand il créait. C’était le but de sa vie. Ziggy m’a envoyé un jour les bandes sonores sur lesquelles figuraient juste ses voix pour plusieurs titres de l’album Exodus. J’ai donc pu entendre Bob Marley chanter dans une petite cabine d’enregistrement, parler entre les prises. C’était un homme qui donnait tout, jusque dans la moindre petite inflexion.
C’est une expérience presque mystique, non ?
Vous voyez la chanson "Exodus", où il se met à faire "Ha, ha, ha, ha !" ? Je l’ai entendu jouer avec ce rire. C’est quelque chose auquel il avait songé avant et qu’il voulait incorporer parmi la multitude de couches de cette chanson. En tant que musicien, en tant qu’artiste, il était unique en son genre. Et je crois que j’ai pu comprendre ce que ça voulait dire.
>> Bob Marley :...
[Courte citation de 8% de l'article original]